// Réflexions

IA : le déclic que je n'avais pas vu venir.

Le récit d’un ingénieur cybersécurité passé du scepticisme à la conviction que l’IA va profondément transformer sa manière de travailler et son avenir professionnel.

Publié le 23/05/2026

Intelligence ArtificielleTransition ProfessionnelleProductivitéCybersécurité

Pendant longtemps, j’ai regardé l’intelligence artificielle avec beaucoup de distance et assez peu d’intérêt.

Je ne vais pas prétendre que j’avais tout anticipé, ni que j’ai tout de suite compris l’ampleur de ce qui était en train d’arriver. Au contraire. Jusqu’à récemment, je pensais surtout que l’IA était un sujet largement surestimé. Une bulle. Un effet de mode. Quelque chose dont tout le monde parlait, mais qui n’allait pas servir à grand-chose.

Et puis, en quelques semaines, mon regard a complètement changé.

Une prise de conscience professionnelle

Le déclic est venu de mon environnement professionnel. Une transition autour de l’IA a commencé à se dessiner dans mon emploi actuel, et cela m’a obligé à me poser les bonnes questions.

Au début, je voyais surtout l’IA comme un sujet flou, peut-être surestimé, peut-être réservé à quelques spécialistes. Mais en me renseignant sérieusement, en testant des outils et en écoutant des podcasts ou des vidéos sur le sujet, j’ai fini par comprendre quelque chose d’important : l’IA n’est pas simplement un outil de plus.

Nous sommes déjà au début d’une nouvelle révolution industrielle.

Comme Internet ou l’électricité avant elle, l’IA ne change pas seulement quelques tâches isolées. Elle transforme notre manière de travailler, d’apprendre, de créer, de coder, d’analyser et de prendre des décisions.

Ce qui m’a surtout marqué, c’est la vitesse à laquelle cette transformation devient accessible. Avec des outils comme Claude Code, il est déjà possible de gagner du temps, de structurer ses idées, de produire plus vite et d’explorer des sujets complexes avec une efficacité nouvelle. Développer une application devient accessible à tous en un temps record.

Du scepticisme à la curiosité

Avec le recul, je pense que mon désintérêt venait surtout d’un manque de compréhension.

Quand on ne voit pas clairement à quoi sert un outil, on peut vite le ranger dans la catégorie des tendances passagères. On se dit que c’est intéressant pour les autres, pour quelques cas très spécifiques, mais pas forcément pour soi.

Mais en commençant à pratiquer, la question a changé.

Je ne me demande plus seulement : “est-ce que l’IA sert vraiment à quelque chose ?”

Mais : “qu’est-ce que je peux faire de mieux avec l’IA ?”

Cette nuance change tout. L’IA devient alors un levier et un assistant plutôt qu’un simple sujet à la mode. Elle ne remplace pas le jugement, l’expérience ou la responsabilité humaine, mais elle peut amplifier énormément notre capacité à agir et à créer.

Mes premiers pas concrets

Ces dernières semaines, j’ai commencé à explorer beaucoup d’outils et de concepts (peut-être même trop).

J’ai pris un compte ChatGPT Pro en complément de Claude Team dans mon cadre professionnel. J’avais déjà Perplexity Pro depuis quelque temps que je n’avais jamais vraiment utilisé. J’ai découvert Wispr Flow pour la dictée vocale instantanée, ou outil extrêmement utile, et installé un agent Hermes sur un serveur local à la maison comme premier agent local, notamment pour expérimenter autre chose que les solutions très médiatisées (OpenClaw).

Côté développement, Claude Code et Codex m’ont fait découvrir une autre manière de travailler : le “vibe coding”. On devient davantage un architecte logiciel charger de guider l’outil pour écrire ligne par ligne son code et on reste l’expert de cet outil.

Je me suis plongé dans le prompt engineering, les bases du métier d’AI Engineer, les notions de modèles, de contexte, de LLM, d’agents et d’automatisation. Une formation IBM est venue compléter ce démarrage, mais l’essentiel s’est surtout fait par la pratique, grâce à mes bases en développement et à beaucoup de curiosité.

Un changement de perspective sur mon parcours

Cette prise de conscience a aussi modifié ma façon de voir mon avenir professionnel.

Je ne veux pas simplement utiliser l’IA : j’ai envie de comprendre le sujet en profondeur, de progresser sérieusement et de construire une vraie expertise. L’objectif est clair : être capable, prochainement, d’accompagner des entreprises dans leur transition vers l’IA.

Idéalement, j’aimerais le faire auprès d’entreprises locales. Beaucoup de structures savent que l’IA devient importante, mais ne savent pas toujours par où commencer. Mais beaucoup d’entreprises ne réalisent pas encore les gains concrets qu’elles pourraient en tirer. Il y a un vrai besoin d’accompagnement concret.

Je pense qu’il y a une place à prendre pour aider les entreprises à utiliser l’IA de manière utile, pragmatique et responsable.

Et la cybersécurité dans tout ça ?

Un autre point m’a beaucoup fait réfléchir : la cybersécurité.

J’ai longtemps eu un intérêt pour les CTF et la recherche de vulnérabilités. Mais l’arrivée de l’IA change aussi cette réalité. Certaines tâches deviennent plus accessibles, plus automatisables, parfois moins dépendantes de l’apport humain pur. Cela ne veut pas dire que l’humain n’a plus sa place, mais le rôle évolue.

Des nouveaux modèles de sécurité sortent régulièrement, voire sont trop puissants pour être déployés (coucou Claude Mythos) sur des vulnérabilités extrêmement difficiles à identifier manuellement. Certains CTF appliquent désormais des règles anti-LLM pour garder ce côté humain qui ne correspond donc plus au monde réel.

Là encore, il faut accepter de regarder les choses en face : les compétences qui feront la différence demain ne seront peut-être pas exactement les mêmes que celles d’hier. Apprendre à guider un LLM vers des vulnérabilités sera certainement plus important que de chercher la vulnérabilité manuellement.

Il reste cependant la sécurité des LLM qui repose aujourd’hui largement sur les prompts, sujet très différent de ce qu’on a faisait jusqu’à présent en sécurité informatique et qui nécessite d’autres compétences que je n’ai pas.

Le début d’une série

Cet article est donc un premier jalon.

Je lance ce blog pour documenter mon apprentissage, mes tests, mes découvertes et mes réflexions autour de l’IA. Je vais y parler d’outils, de méthodes, d’automatisation, de développement assisté par IA, de prompt engineering, d’agents, mais aussi des limites, des risques et des questions éthiques.

L’objectif n’est pas de me présenter comme expert dès le premier article. Ce serait faux. L’objectif est plutôt de partager le chemin pour le devenir, avec honnêteté, méthode et régularité.

Je pars d’une prise de conscience assez simple : cette transition est déjà en cours, et je ne veux pas la regarder passer depuis le quai.

Alors je monte dans le train, j’apprends, je teste, je documente, et j’espère pouvoir bientôt aider d’autres personnes et d’autres entreprises à avancer elles aussi.

À suivre.